La bursite olécranienne, aussi appelée hygroma du coude, touche de nombreux travailleurs et sportifs. Cette affection se caractérise par l’inflammation de la bourse séreuse située à l’arrière du coude. Cette petite poche remplie de liquide synovial permet normalement le glissement harmonieux des tissus lors des mouvements articulaires. Lorsqu’elle s’enflamme, elle provoque un gonflement caractéristique qui peut devenir douloureux et handicapant. Symptômes, causes et traitements : voici ce que vous devez savoir sur cette pathologie qui concerne des millions de personnes à travers le monde.
Zones articulaires comme l’épaule, le genou ou la hanche peuvent également être touchées par des bursites, mais le coude reste l’une des localisations les plus fréquentes en raison de son exposition aux appuis répétés.
Qu’est-ce qu’une bursite ou hygroma du coude ?
L’hygroma du coude, ou bursite olécranienne, correspond à l’inflammation de la bourse séreuse située à l’arrière du coude. Cette structure anatomique joue en temps normal un rôle essentiel de protection et de lubrification. Elle facilite le glissement de la peau sur l’os lors des mouvements articulaires, réduisant ainsi les frictions entre les différents tissus (peau, tendons, os).
D’un point de vue anatomique, la bourse olécranienne se situe précisément entre la peau et l’olécrane, cette saillie osseuse perceptible à l’arrière du coude. Lorsqu’elle s’enflamme, cette petite poche remplie de liquide synovial augmente considérablement de volume, créant cette bosse caractéristique visible et parfois palpable même sous les vêtements.
Le corps compte en réalité plus d’une centaine de bourses séreuses, réparties autour des principales articulations. Si la bursite du coude est la plus connue, les bourses situées près de l’épaule, du genou et de la hanche sont également fréquemment touchées. Dans tous les cas, le mécanisme est identique : une inflammation de la bourse provoque une surproduction de liquide synovial, entraînant le gonflement caractéristique.
On distingue plusieurs types de bursites du coude :
- La bursite aiguë : apparition rapide avec inflammation marquée, souvent déclenchée par un traumatisme direct
- La bursite chronique : persistante, avec douleurs moins vives mais récurrentes et risque de récidive élevé
- La bursite septique : forme infectée, particulièrement douloureuse et accompagnée de fièvre, nécessitant une prise en charge urgente
✅ À retenir
La bourse séreuse du coude est une petite poche remplie de liquide synovial. Quand elle s’enflamme — on parle de bursite — elle grossit et peut provoquer douleur, rougeur et gêne fonctionnelle. La bursite olécranienne touche environ 80 % d’hommes, le plus souvent entre 40 et 60 ans.
Cette affection touche majoritairement les hommes (environ 80 % des cas), principalement en raison des activités professionnelles ou sportives à risque. L’âge moyen de survenue se situe généralement entre 40 et 60 ans, bien que des personnes plus jeunes pratiquant certains sports ou métiers puissent également être concernées. Selon certaines estimations, la bursite olécranienne représente l’une des pathologies articulaires les plus diagnostiquées en médecine du travail.
⚠️ Les symptômes et le diagnostic de la bursite du coude
Le principal signe de l’hygroma du coude est l’apparition d’une tuméfaction (gonflement) ronde et mobile à l’arrière du coude. Cette « boule » peut varier en taille, allant de quelques centimètres à une dizaine de centimètres dans les cas les plus sévères. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce gonflement peut être totalement indolore, surtout au début de l’évolution.
Les symptômes varient selon le stade et le type de bursite :
Dans une bursite simple, le coude reste généralement fonctionnel avec une mobilité préservée. Le gonflement est mou, fluctuant et relativement indolore. En revanche, si l’inflammation s’intensifie, des signes plus marqués apparaissent : rougeur locale de la peau, sensation de chaleur et douleurs plus vives, particulièrement lors des mouvements ou de la pression directe sur la zone touchée.
Dans le cas d’une bursite infectée (septique), la situation s’aggrave avec des douleurs importantes, de la fièvre, des frissons, un gonflement des ganglions et une altération de l’état général. Cette forme nécessite une prise en charge médicale urgente car le risque de complications locales et générales est réel.
⚠️ À garder en tête
Si votre coude présente une rougeur intense, une chaleur locale marquée et que vous ressentez de la fièvre en plus du gonflement, consultez un médecin sans délai. Ces symptômes évoquent une bursite septique qui, sans traitement antibiotique rapide, peut se compliquer d’une infection osseuse (ostéite) ou d’une septicémie.
| Type de bursite | Symptômes principaux | Évolution typique |
|---|---|---|
| Bursite aiguë | Gonflement rapide, douleur modérée, rougeur possible de la peau | 10 à 15 jours avec traitement adapté |
| Bursite chronique | Gonflement persistant, douleur intermittente, gêne lors des mouvements | Plusieurs semaines à mois, tendance à récidiver |
| Bursite septique | Douleur intense, fièvre, rougeur marquée, altération de l’état général | Nécessite antibiothérapie, risque de complications graves |
Le diagnostic de la bursite du coude est principalement clinique, basé sur l’examen physique réalisé par un médecin. Dans certains cas, des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour confirmer le diagnostic ou écarter d’autres pathologies :
- Radiographie : recherche d’une « épine olécranienne » ou d’autres anomalies osseuses
- Échographie : confirmation du diagnostic, évaluation du liquide contenu dans la bourse et guidage d’une éventuelle ponction
- Bilan sanguin : en cas de suspicion d’infection (NFS, CRP, hémocultures)
- Ponction avec analyse bactériologique : si une infection est suspectée, pour identifier le germe responsable et adapter le traitement antibiotique
Il est important de distinguer la bursite du coude d’autres affections comme l’épicondylite, la tendinite ou une arthrite, qui peuvent provoquer des douleurs dans la même zone mais ne touchent pas la bourse séreuse.

Causes et facteurs de risque de la bursite du coude
L’hygroma du coude survient généralement suite à des microtraumatismes répétés et des appuis prolongés sur le coude. Ces pressions irritent la bourse séreuse qui, en réaction, produit davantage de liquide synovial, créant ainsi le gonflement caractéristique. Plus l’irritation est fréquente, plus le risque d’évolution vers une bursite chronique augmente.
Parmi les causes les plus fréquentes, on distingue plusieurs catégories :
Les traumatismes directs, comme un choc violent sur le coude, peuvent déclencher une bursite aiguë en quelques heures. De même, les infections peuvent atteindre la bourse séreuse par voie cutanée (plaie, abrasion) ou hématogène, provoquant une bursite septique. Les germes les plus souvent impliqués sont le Staphylococcus aureus dans environ 80 % des cas, et plus rarement le Streptococcus pyogenes.
Certaines maladies rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde, la goutte ou la chondrocalcinose peuvent favoriser l’apparition d’un hygroma en fragilisant les articulations et les bourses environnantes. Par ailleurs, les postures prolongées au bureau ou en conduite constituent également des facteurs déclenchants non négligeables pour la santé articulaire.
80%
des cas de bursites septiques du coude sont causés par le Staphylococcus aureus
Les professions et activités à risque incluent :
- Les carreleurs, plombiers et travailleurs du bâtiment qui s’appuient fréquemment sur leurs coudes lors du travail — le risque est d’autant plus élevé que les surfaces sont dures et abrasives
- Les employés de bureau et chauffeurs qui maintiennent leurs coudes en position prolongée sur un accoudoir ou un bureau, générant une pression chronique sur la bourse séreuse
- Les sportifs pratiquant des sports de raquette, de combat ou la musculation, qui sollicitent intensément cette articulation et exposent le coude à des chocs répétés
- Les personnes âgées, pour qui la peau et les tissus périarticulaires sont plus fragiles et moins résistants aux pressions
« La bursite olécranienne est considérée comme une maladie professionnelle dans de nombreux secteurs du bâtiment et de la construction, ce qui souligne l’importance d’une prévention ciblée sur le lieu de travail. »
— Médecine du travail et santé au travail
Les bursites peuvent également toucher d’autres articulations du corps : le genou (bursite prérotulienne ou ansérine), la hanche (bursite trochantérienne) et l’épaule (bursite sous-acromiale) sont les localisations les plus fréquentes après le coude. Dans tous ces cas, les causes et les facteurs de risque présentent de nombreuses similitudes : microtraumatismes répétés, postures prolongées et activité physique intense.
🎯 Traitements efficaces et prévention de l’hygroma du coude
La prise en charge de la bursite du coude varie selon sa sévérité, sa cause et son évolution. Dans la plupart des cas, des mesures conservatrices suffisent à traiter efficacement cette affection et à soulager les symptômes en quelques semaines.
Pour un hygroma simple, le traitement repose sur plusieurs principes fondamentaux :
Supprimer ou réduire l’activité et les appuis qui ont déclenché la bursite est la mesure la plus importante. Cela permet à la bourse de se dégonfler progressivement et limite la production de liquide synovial.
L’application de glace ou de compresses froides plusieurs fois par jour aide à réduire l’inflammation et la douleur. Une immobilisation relative du coude par attelle ou bandage compressif peut accélérer la guérison et limiter le gonflement.
Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être prescrits pour diminuer la douleur et l’inflammation de la bourse séreuse. Ils ne doivent pas être utilisés en cas de bursite septique suspectée.
Dans les cas plus sévères ou résistants, le médecin peut vider la bourse de son excès de liquide par ponction. Des infiltrations de corticoïdes sont également possibles, avec prudence et après avoir écarté toute infection.
Un traitement antibiotique devient indispensable en cas de bursite infectée, parfois associé à une hospitalisation dans les cas graves. Le choix de l’antibiotique dépend du germe identifié lors de l’analyse bactériologique du liquide ponctionné. La durée du traitement varie généralement de 10 à 21 jours selon la sévérité de l’infection et la santé générale du patient.
Le traitement chirurgical est réservé aux formes rebelles aux traitements médicaux, aux hygromas volumineux, récidivants ou infectés non contrôlés par les antibiotiques. Il consiste en l’ablation complète de la bourse séreuse (bursectomie), parfois accompagnée d’un émondage d’une épine olécranienne si celle-ci est présente. La récupération après une chirurgie dure en moyenne 4 à 6 semaines avant de reprendre une activité normale.
💡 Notre conseil
Pour prévenir l’apparition ou la récidive d’une bursite du coude, adoptez des habitudes simples au quotidien : évitez les appuis prolongés sur les coudes, portez des protections adaptées si votre travail vous y expose, corrigez votre posture au bureau et intégrez des pauses régulières lors d’activités sollicitant intensément cette articulation. Un coussin de protection sur l’accoudoir peut suffire à réduire considérablement le risque.
| ✅ Traitements conservateurs | ❌ Situations nécessitant une intervention |
|---|---|
| • Repos et éviction des appuis • Glace et compression • AINS et antalgiques • Ponction évacuatrice simple • Infiltrations de corticoïdes |
• Bursite septique (antibiothérapie urgente) • Bursite chronique récidivante • Hygroma volumineux rebelle • Infection non contrôlée (chirurgie) |
Questions fréquentes
Combien de temps dure une bursite du coude avant de guérir ?
Une bursite aiguë du coude guérit en général en 10 à 15 jours avec un traitement adapté (repos, glace, anti-inflammatoires). La forme chronique peut persister plusieurs semaines à plusieurs mois et présente un risque élevé de récidive si les causes ne sont pas corrigées. En cas de bursite septique, le traitement antibiotique dure entre 10 et 21 jours, avec parfois une hospitalisation.
Quelle est la différence entre une bursite du coude et une bursite du genou ou de l’épaule ?
Dans les trois cas, l’inflammation touche une bourse séreuse, petite poche de liquide protégeant l’articulation. La différence réside dans la localisation : au coude (bourse olécranienne), au genou (bourse prérotulienne ou ansérine) ou à l’épaule (bourse sous-acromiale). Les symptômes sont similaires — gonflement, douleur, limitation des mouvements — mais les causes varient : le coude est souvent lié aux appuis prolongés, l’épaule aux mouvements répétés au-dessus de la tête, le genou aux agenouillements fréquents.
Peut-on continuer à travailler avec une bursite du coude ?
Dans les cas légers, il est possible de maintenir une activité professionnelle en évitant les appuis directs sur le coude et en portant une protection adaptée. En revanche, si la bursite est douloureuse, infectée ou provoquée directement par le poste de travail, un arrêt temporaire est recommandé. La bursite olécranienne est d’ailleurs reconnue comme maladie professionnelle dans certains secteurs, permettant une prise en charge spécifique.
Est-ce que la ponction de la bourse séreuse est douloureuse et efficace ?
La ponction évacuatrice est réalisée sous anesthésie locale et est généralement bien tolérée. Elle permet de vider rapidement le liquide accumulé dans la bourse et soulage immédiatement la sensation de pression. Son principal inconvénient est le risque de récidive : le liquide peut se reformer si la cause initiale (appuis répétés, activité irritante) n’est pas corrigée. Elle est souvent combinée à un bandage compressif pour limiter ce risque.
Comment distinguer une bursite septique d’une bursite simple au coude ?
La bursite septique se distingue par des symptômes plus intenses : douleur vive et constante, rougeur marquée de la peau autour du coude, chaleur locale importante, fièvre supérieure à 38 °C et parfois frissons ou ganglions gonflés. La bursite simple est généralement indolore ou peu douloureuse, sans fièvre ni rougeur intense. Un bilan sanguin (NFS, CRP) et une analyse du liquide ponctionné permettent de confirmer l’infection.